Usky · shooting photos d’artiste + interview

« Avec « Noura », j’ai écrit la bande originale de ma vie. »

Artiste aux nombreuses facettes, Usky vient de sortir son nouvel album, Noura, le 25 avril dernier. Au cours d’une conversation honnête, il revient sur son projet le plus abouti et la bande originale de sa vie.

Le rendez-vous est fixé dans le XVIème arrondissement parisien, aux alentours de 14h. Après un shooting photo au côté d’un chien éponyme, Usky se pose en terrasse et commande un expresso. Le rappeur, au tempérament de feu semblable à la réactivité d’un chien-loup, s’est confié sur son nouvel opus, ses références musicales étant adolescent et la dualité qu’il entretient en tant qu’artiste.

Vous avez plusieurs cordes à votre arc, à la fois la musique et le cinéma, comment vous présentez-vous à ceux qui ne vous connaissent pas ?

Je dis que je suis artiste, tout simplement. Pour moi, l’art peut prendre plusieurs formes. La musique, c’est mon truc principal, mais je ne compte pas me limiter à ça. Si j’aime bien quelque chose, je vais le faire.

Vous écoutiez de la chanson française et du rap avec votre père quand vous étiez jeune. Quelles étaient vos références musicales adolescent ? Les albums qui vous ont marqué ou les posters que vous aviez dans votre chambre ?

C’était NTM113Booba aussi beaucoup. En chanson française, c’était Francis Cabrel, Alain Bashung, tous ces classiques-là. Je suis passé un peu à côté d’Aznavour, je me suis refait sa discographie récemment avec la sortie du film. C’était ça, mes références, mais l’album qui a marqué mon adolescence, c’est Les Princes de la ville de 113. C’est vraiment un truc qui m’a percuté de plein fouet. Je m’en rappelle à l’époque, c’est le premier album que mon père avait acheté, il y avait un mec qui lui avait revendu à la sortie du magasin. Je l’ai écouté, et on s’est pris une claque monumentale.

Il y a une certaine dualité dans votre personnage entre la poésie et les codes du rap, comment naviguez-vous entre tout ça pour créer votre identité ?

Pour moi, le rap d’aujourd’hui, est pluriel. Le rap, ça ne veut pas forcément dire être violent et dans des clichés qu’on lui a souvent prêtés, entre guillemets. Et moi, je suis juste moi-même. Je suis un mélange d’amour, de rage, de plein de choses. J’essaie juste d’être le plus honnête possible sur la réalité que je suis en train de vivre au moment où je fais le projet. Plus les années passent, plus j’essaie de me rapprocher de ça. Quand je dis dans l’album : « Je trouve pas ma place, je la crée », c’est exactement ça. Je pense que de toute façon qu’il n’y a pas de place attitrée pour moi, je suis obligé de la créer parce que je suis un mélange de trop plein de beaucoup de trucs. Ce n’est pas évident au premier regard, il y a une différence entre ma musique et mon physique, et je trouve qu’il y a une dualité intéressante justement. Ça met plus de temps pour que les gens arrivent à me percevoir, et si c’est trop direct, ça me saoule. Un artiste qui fait toujours la même chose, je m’en fous total. J’aime bien le contraste, j’aime bien la diversité, j’aime bien la dualité. Donc je l’entretiens, je l’anime, je la travaille même. Lire la suite

interview et visuels pour le média S-quive